ERIC CLAPTON: THE LADY IN THE BALCONY: LOCKDOWN SESSIONS (2021)


Son traditionnel concert au Royal Albert Hall ayant été annulé pour cause de coronavirus, le Dieu à la Main Lente a quand même décidé d’enregistrer un peu de musique avec son vieux complice Nathan East à la basse et à la contrebasse, ainsi que Steve Gadd à la batterie et Chris Stainton aux claviers. Il reprend des morceaux d’artistes qui l’ont influencé dans sa jeunesse comme le légendaire Muddy Waters (« Long distance call ») et Peter Green (« Black magic woman ») mais aussi quelques uns de ses anciens succès (« Layla », « Tears in heaven », « After midnight » du regretté JJ Cale). Tout cela dans une ambiance intimiste et acoustique. Et décliné dans tous les formats (cd, double vinyle, cd et DVD, cd et Blu-ray, etc…).

Alors, quoi ? Slowhand nous refait le coup du « Unplugged » paru il y a quelques décennies ? Avec la virtuosité et l’inspiration en moins ?

Il est vrai que les rumeurs n’ont cessé d’abonder depuis pas mal de temps. Eric Clapton vieillit mal. Il ne peut plus jouer comme autrefois. Il a des problèmes aux mains. Il commence à payer ses années de défonce.

Il y a sans doute une part de vérité dans tout cela mais franchement, on ne s’en rend pas compte à l’écoute de cette production incontestablement réussie. Bien sûr, Eric a pris de l’âge comme tout le monde. Quelquefois, rarement, sa voix semble fragile mais elle conserve toute sa douceur et demeure profondément attachante.

Sa guitare acoustique reste souvent en retrait et ne délivre que quelques interventions ici et là. Mais quand il envoie un solo bluesy sur « Key to the highway », on reconnaît immédiatement le style si particulier qui a fait sa réputation. De même, quand il distille un solo très mélodique sur la belle ballade « Bell bottom blues » ou sur le superbe slow « River of tears », on redécouvre l’autre face de God avec ce talent incroyable qui fait naître l’émotion avec un minimum de notes.

Et quand il se lance dans un fingerpicking blues (« Rock me baby ») ou qu’il s’éclate sur l’intro de « Layla », on se dit qu’il en a encore sous le pied.

Eric reprend quand même sa guitare électrique pour les trois derniers morceaux. L’esprit de Chicago plane sur « Long distance call » et « Bad boy » tandis que le jump blues “Got my mojo working” décoiffe bien. Et là, il faut bien se rendre à l’évidence : ce disque n’est pas un testament mais une continuité. Mister Eric Clapton est toujours là !

Le vieux Slowhand est encore capable de faire plaisir à ses fans et on espère que ça durera encore longtemps.

God still here !

Olivier Aubry